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La rubrique des audiodescripteurs

La première audiodescription à laquelle j’ai assisté, c’était au Théâtre des Martyrs. Aux micros : Christine et Cédric (les profs !). Aux écouteurs, les apprentis audiodescripteurs, à qui l’on avait suggéré de fermer les yeux… pour voir. Et la pièce, un classique : Six personnages en quête d’auteur de Pirandello… et au détour d’une scène, cette extraordinaire réplique :

Nous avons tous en nous un monde qui nous est propre. Et comment pouvons-nous nous comprendre, Monsieur, si, dans les mots que je dis, je mets le sens et la valeur des choses telles qu’elles sont en moi, alors que celui qui les écoute les prend inévitablement avec le sens et la valeur qu’ils ont pour lui, le sens et la valeur du monde qu’il a en lui ?

Pouvait-on mieux que ce génial auteur italien mettre à plat le défi que nous avions choisi de relever en nous impliquant dans ce projet : créer des ponts entre l’image et le mot, entre différentes façons de percevoir le monde pour tenter de faire se rencontrer ceux qui voient et ceux qui ne voient pas ou mal dans une émotion commune ?

Carine Lorent

L’audiodescription théâtrale, c’est …

la joie de Véronique qui nous dit : Grâce à vos descriptions, je ne fais plus des efforts inconsidérés pour essayer de voir : vous me faites voir ! par l’esprit mais aussi par les yeux car en sachant ce qu’il y a à voir, je parviens encore à le distinguer ;

l’enthousiasme débordant de Frédéric qui me réserve quasi tous les spectacles prévus en audiodescription et me dit Je n’avais plus de plaisir réel d’aller au théâtre… C’est génial qu’il y ait de l’audiodescription !

C’est l’émotion de la toute première audiodescription théâtrale du projet lorsque Cédric et moi avons échangé un regard de connivence, pris une bonne respiration et … que nous nous sommes lancés… ; c’est l’émotion de chaque audiodescription en ouvrant le micro et en prononçant les premiers mots de prise de contact avec nos spectateurs ;

C’est la joie et la fierté lorsqu’en prenant congé de spectateurs déficients visuels ou de responsables de théâtres, ils nous disent : Bravo pour votre professionnalisme !

C’est l’évocation avec Martine Renders de Jean-Pierre Lhoest, le père spirituel de ce projet, lui pour qui l’être et le coeur étaient l’essentiel.

Christine Welche